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Agoravox présente: La vente aux en chair par le docteur THOMASO

(23/07/2013)

On les dit petits ! Ce sont pourtant de grands éditeurs !



Les lecteurs d'AGORAVOX, du moins les plus anciens connaissent cet Editeur : LACOUR de Nîmes, c'est lui qui a édité les premiers livres de notre ami malheureusement disparu, VILLACH. Cet éditeur, héritier de la dynastie Ollé Lacour qui vit au service de la chose écrite depuis 1791 découvre de nouveaux talents et exhume des ouvrages introuvables. C'est un tout petit éditeur en surface d'édition(s) mais un grand éditeur par l'action qu'il mène. Ah j'oubliais, André Thomaso, l'écrivain édité dénonce cette société du leurre... Hasard ou clin d'oeil ?



JPEG« La vente aux en chair


Quand l'humain(re)devient une marchandise on « adapte » le marché du travail. Roman d'André Thomaso


éditions Lacour


avril 2013


165 pages


20 €


 


Ne pas oublier ses racines


 


« Du passé faisons table rase » !? Pas toujours, notamment quand le passé nous transmet des valeurs et des savoirs être.


Nous sommes tous le produit d'une histoire et ceux qui nous ont devancés nous ont transmis une éducation solide.


Il arrive parfois que le passé s'invite pour rappeler quelques principes oubliés.


C'est un peu le sujet de ce roman .


Vincent qui vient d'enterrer son père se retrouve plongé en pensées dans son enfance, il se remémore les bons moments passés avec son grand père, les leçons de vie reçues en héritage.


C'est pour lui un déclic qui le conduit à revenir sur les pas de son enfance pour retrouver, lui et sa femme l'île de Noirmoutiers.


L'humanité a t-elle fait des progrès ? Certes oui sur le terrain des découvertes scientifiques mais nous vivons la modernité à une vitesse incontrôlée dans certains domaines.


Les amis d'hier ont suivi des chemins différents, la plupart vivent difficilement, subissant le chômage et la logique infernale du profit coûte que coûte, d'autres moins nombreux ont tout oublié pour se lasser aller à la fuite en avant.


« Les prétendus défenseurs du progrès et de la modernité  »tancent la ringardise et la nostalgie, en oubliant qu'il est nécessaire pour se construire de se questionner « sur la notion d'évolution ou de régression, de qualité de vie, c'est-à-dire en fait, sur une pensée vivante, dynamique  »


Vincent, journaliste, n'oublie pas, lui ce que lui ont transmis ses parents, par contre il rencontre dans sa quête et dans sa vie professionnelle ces requins qui eux, semblent avoir balayé la nourriture spirituelle et morale qui les a nourris.


L'actualité décrite dans ce roman est celle qui nous taraude : ce sont les fermetures d'usines, la délocalisation, le chômage que certains jugent inexorable qui pourtant n'est que la résultante d'une politique de régression sociale.


La solidarité n'existe plus ou du moins tend à disparaître.


Comment se fait-il donc que des hommes, nourris d'un même terreau puissent prendre des chemins totalement opposés ?


Comment se fait-il que des hommes se laissent entraîner dans cette société de leurre qui fait croire que le bonheur ne peut être que le produit de la fuite en avant, de l'écrasement de l'autre pour assouvir un désir de puissance financière.


L'histoire est captivante et non exempt de rebondissements, ce qui donne à ce roman « philosophique » un certain relief.


 


Jean-François Chalot


http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/on-les-dit-petits-ce-sont-pourtant-138308

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