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Christian LACOUR, le combat d'un passionné

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Christian LACOUR, le combat d'un passionné

"TOUT PETIT, JE JOUAIS À LA MARELLE SOUS LA PORTE D'AUGUSTE". Ces mots d'Alphonse Daudet, écrits dans Ultima, fleurissent sur la plaque commémorative des 120 ans de la mort de l'écrivain, apposée sur la façade de la librairie Lacour-0llé, qui fait face à l'entrée antique de la ville. "Le petit Daudet venait s'amuser ici, à l'endroit même où se trouve la librairie", s'émeut Christian Lacour, l'héritier de sept générations de libraires. Et de rajouter que "Daudet venait souvent à Nîmes pour rencontrer Mistral. La librairie ayant ouvert en 1869, il est probable qu'il soit venu ici et qu'il ait rencontré mes ancêtres". Et comme si cela ne suffisait pas, en faisant un peu de généalogie, il apprend, il y a une dizaine d'années, qu'il est un lointain cousin de la famille Daudet. L'amour pour l'écrivain sonne donc comme une évidence pour Christian Lacour qui, à travers son métier d'éditeur, s'attache à promouvoir la région en général et Nîmes en particulier.


Edition. Il le "rencontre" pour la première fois à l'âge de 9 ans, en faisant ses études à l'annexe du lycée Daudet, située rue Jean-Reboul, avant de rejoindre l'établissement qui porte le nom du prestigieux écrivain. Une époque où les lectures de Daudet étaient imposées à l'école. Mais surtout, quand il crée les Editions Lacour-0llé en 1985, "Daudet le Nîmois" s'impose. "Quand on fait de l'édition régionale, voire micro-régionale, il est impensable qu'un auteur comme Daudet n'ait pas sa place". Il commence par réimprimer les grands classiques comme Tartarin de Tarascon ou Les Lettres de mon moulin, puis s'attèle aux autres ouvrages jusqu'à posséder 90% de son oeuvre aujourd'hui. La librairie finit même par élargir son rayon Daudet en rééditant les oeuvres de son frère Ernest, de sa femme Julia Allard et de ses fils Lucien et Léon.


Exposition. La rencontre avec Monique Degrave est un deuxième coup d'accélérateur. C'est en compagnie de la présidente de la "fédération Eternel Alphonse Daudet" qu'il va mettre sur pied l'exposition qui se trouve au premier étage de la librairie depuis mai 2016. "Daudet, c'est près de soixante écrits, c'est une réflexion, un homme de son temps, un observateur, un poète, un romancier, un pédagogue, un provocateur... On a voulu montrer une image beaucoup plus riche de Daudet, qui est généralement réduite aux Lettres de mon moulin". D'abord temporaire, l'exposition devient permanente. 10 000 visiteurs venus du monde entier sont recensés depuis un an et demi, un succès qui se traduit par les louanges laissées dans le livre d'or. "j'espérais secrètement que mon musée microscopique soit le catalyseur d'un grand musée Daudet à Nîmes mais, à ma connaissance, aucun élu n'est venu voir l'exposition", se désole Christian Lacour.


Mépris. Pour Christian Lacour, l'écrivain n'est pas reconnu à sa juste valeur dans sa ville natale. Un lycée, un square et une plaque sur la façade de sa maison natale, c'est bien peu de choses par rapport à l'envergure de ce géant de la littérature française. Comment expliquer ce mépris ? "Les touristes ne votent pas", brocarde le libraire, qui assume son goût pour la raillerie envers les personnalités politiques. S'il reconnaît que rendre à Daudet ce qu'il a donné à la ville, avec la création d'un musée par exemple, engendrerait des coûts importants, et que la municipalité a d'autres priorités comme le musée de la Romanité ou le label Unesco, il ne cache pas son désarroi face aux choix politiques des édiles nîmois. "Toutes les municipalités sont passées à côté de Daudet, mais ça ne m'étonne pas, le fait culturel n'intéresse pas ceux qui sont aux responsabilités s'exaspère celui qui a été adjoint d'Alain Clary. Preuve en est l'absence de célébration des 120 ans de la disparition de l'écrivain."


Chasse au trésor. Christian Lacour a bien compris qu'il ne fallait compter que sur lui-même et une poignée de passionnés pour redonner à Daudet ses lettres de noblesse. En exerçant son métier, notamment. Il s'est d'ailleurs fixé un objectif : retrouver, rééditer et réimprimer le peu d'ceuvres qui manquent à l'appel.
Une tâche qui relève d'une chasse au trésor, tant les derniers textes, nouvelles inédites et manuscrits peuvent être enfouis. Relais personnels, salles des ventes, marchands de livres anciens, Internet... Le libraire nîmois ne néglige aucune piste et aucun moyen : "S'il faut faire 600 km pour aller chercher un petit manuscrit, je les ferai sans hésiter".
La Gazette n°968-969- Du 21 décembre 2017 au 3 janvier 2018, extrait du dossier de Guillaume NAVARRO "Sur les traces de Daudet"



 

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