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Le livre de la Rentrée: L'ex-policier, andré Monray, dégaine ses vérités dans son livre Flic fonctionnaire ou Fonctionnaire flic

(19/08/2014)

Le livre de la Rentrée: L'ex-policier, andré Monray, dégaine ses vérités dans son livre Flic fonctionnaire ou Fonctionnaire flic

Dans son livre Flic fonctionnaire ou fonctionnaire flic, l'ancien de la Nationale cagnoise dénonce une politique qui condamne la traque du délinquant au profit de la chasse aux contraventions. Son livre ne fera pas plaisir à tout le monde. Flic à la retraite, André Monray veut pourtant raconter toute la vérité sur le quotidien de policier. Une sombre vérité sur presque trente années de service dans la nationale. Entre CRS et la Bac (brigade anti-criminalité). Entre Saint-Etienne et Saint-Laurent, Cagnes, Paris, Nice. Au gré d'anecdotes plus révoltantes les unes que les autres."C'était au début des années 80, à Nice. Plusieurs sections sont réunies pour un discours. "Arrêtez d'interpeller les délinquants; ça crée des procédures inutiles qui coûtent du temps et de l'argent si l'individu est relâché. Et s'il est gardé en prison, il coûte cher à l'Etat aussi ! Dressez des contraventions plutôt ! Positionnez-vous le matin à cinq heures, quand les gens vont travailler. Ils sont pressés et commettent des infractions, ou trouvez-en  d'autres sur la voiture. N'ayez pas d'états d'âme, ils sont solvables, ils paieront !"


"Justice en faveur des délinquants" Un flic devenu pompe à fric. Pour un peuple qui n'en finit plus de payer. Au sens propre comme au figuré. Le prolétaire est solvable. Pas le voyou. Le citoyen rapporte du blé. Le bandit ramène du travail. "Casser une procédure, ça arrange les magistrats; ça leur fait moins de boulot ! La justice va toujours en faveur des délinquants". Comme la nuit où André et ses collègues de l'unité mobile de sécurité (UMS) de Nice interpellent un homme qui désosse une moto sur Malausséna. Quand les flics débarquent, le gars jette toutes les pièces au sol. Au grand bonheur du magistrat. "Il formulait des hypothèses pour appuyer les propos du prévenu, et moi, il m'a harcelé de questions du genre "Vous êtes sûr que c'est lui ? Vous voyez dans la nuit ? Il avait les mains sales ?" "J'étais furax !" André évite de peu l'outrage à magistrat mais pas la relaxe. Après un échange hallucinant entre magistrat et prévenu: "De toute façon, s'il voulait voler la moto, il nous le dirait. N'est-ce pas Monsieur ? -Bien sûr, Monsieur le Président !". Un énième affront pour un brigadier niçois qui rentre chez lui "écoeuré. Par la hiérarchie carriériste, les magistrats, la justice...". Comme le jour où un magistrat l'accuse de complicité de vol. Pour avoir attendu qu'une bande de gens du voyage dérobe enfin quelque chose après avoir dégradé plusieurs véhicules. "Le vol est un délit, la dégradation ne vaut, en revanche, qu'une contravention; ça rajoutait donc du boulot au magistrat. j'ai raconté une histoire pour qu'il me laisse tranquille. On était obligé de biaiser pour faire notre travail ! Je voulais jouer au chat et à la souris, arrêter les bandits, moi ! C'était non seulement inutile , mais aussi risqué. Car si on se loupait, on était sanctionné ! Il fallait être fêlé pour continuer à le faire."


Guerres intestines et pression de la hiérarchie. André joue les flics anti-sytème. Obligé de piquer les PV de recherche d'individu lors de virées nocturnes dans les bureaux d'inspecteurs " qui les cachent et attendent trois mois pour que la recherche passe au plan national et que la procédure ne les concerne plus". André traque les voyous et "crake" les filous, ces collègues qu'il surnomme "flics fonctionnaires" et qui entretiennent les guéguerres. Avec l'accent qui chante le sud, André déchante à Paris. De leur propre aveu, les "Titis" parisiens ne font pas confiance aux gars du Sud. Uhe mutation retour à Cagnes permet à André de ne pas craquer sous pression. Quand d'autres boivent à outrance pour oublier. "On comprend pourquoi certains se suicident, j'étais arrivé à me poser la question. J'ai vu des collègues être sanctionnés pour avoir appliqué une circulaire qui n'était pas vraiment légale... et qui disparaissait quand une plainte était déposée !" En manque d'effectif, de moyens et de soutien de la hiérarchie, c'est cette police que l'auteur décrit à travers deux tomes et sept cents pages de manuscrit. Au risque que certains lecteurs optent pour leur propre justice. "Des milices risquent de se créer devant l'immobilisme de la police. Mais ces gens-là seront, en revanche, poursuivis. Et contrairement aux voyous, ce sont des gens qui ont beaucoup à perdre malheureusement."


William HUMBERSET  whumberset@nicematin.fr

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