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le magazine des Livres

(06/06/2010)

Le magazine des Livres

N°24 Bimestriel  Mai/Juin 2010

ART DE VIVRE

 
Ancien professeur de Lettres, Paul Villach s’est inspiré de sa biographie pour rédiger ce livre qui est axé sur un double voyage : d’une part un parcours un peu initiatique à travers l’Italie et ses antiquités et de l’autre la (re)découverte de la femme et de son corps merveilleux. Cela signifie que l’érotisme est bien présent tout au long de ce récit et qu’il en est même un des piliers. L’auteur nous raconte comment un professeur, en voyage scolaire avec ses élèves, tombe amoureux de sa jeune collègue. Il nous décrit son attirance, son désir avec une certaine pudeur d’abord, puis avec beaucoup moins de retenue une fois que le couple s’est constitué. C’est que le corps de Béa, l’héroïne, semble particulièrement désirable et l’attirance réciproque des deux amants constitue donc un des thèmes du livre. Les protagonistes n’en finissent pas de se découvrir l’un et l’autre et de se trouver de nouvelles perfections, lesquelles attisent encore plus leur amour.
 
Cet érotisme, cependant, n’est pas gratuit. On pourrait dire au contraire qu’il représente un véritable art de vivre et même qu’il relève d’une démarche existentielle. Que vaut  en effet notre vie, si nous ne sommes pas capables de dépasser la mesquinerie de notre quotidien par un amour fou et passionné ? Les gestes érotiques sont donc vus comme un culte rendu à la beauté et un moyen d’atteindre le sacré. Le prénom « Béa » renvoie d’ailleurs directement aux Béatitudes bibliques : « Heureux celui qui a su aimer », en quelque sorte. En toile de fond, l’Italie nous dit que le monde aussi est beau mais, en même temps, les vestiges de l’Antiquité nous rappellent que malheureusement tout est éphémère. Hélas, l’amour de Béa, lui aussi, sera éphémère. Après avoir tout quitté pour elle (première épouse et fortune), le héros verra sa relation empoisonnée par l’hostilité de la famille de sa nouvelle compagne, tandis que le milieu professionnel jouera lui aussi un rôle particulièrement négatif. Alors, un jour, alors qu’il ne s’y attend vraiment pas, Béa  lui dira qu’elle ne l’aime plus. Le lecteur, qui était sous le charme depuis le début et qui croyait avoir trouvé, lui aussi, un moyen d’accéder à une vie supérieure et à une sorte d’éternité, retombe de haut. La quête idyllique tourne au drame et quand on referme le livre, on se dit que décidément rien n’est éternel et qu’il faut savoir profiter de chaque instant.

Jean-François FOULON

Paul Villach, « Béa, de Capri à Carnon », éditions Lacour-Ollé, Nîmes, 2010, 252 pages, 20 euros

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