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Yvonne Guin, une héroïne cévenole au temps des maquis

(08/08/2018)

Yvonne Guin, une héroïne cévenole au temps des maquis

Jean-Jaurès. L'ancien instituteur Jean-Paul Cauvin raconte cette dame
extraordinaire, son amie, qui fut reconnue comme Juste parmi les nations.
Cette véritable héroïne, cévenole, Jean-Paul Cauvin, ancien instituteur de l'école Jean-Jaurès, la rencontra d'abord au fil des pages du livre de l'historien Aimé Vielzeuf, Épopée en Cévennes. Avant de plonger dans l'Histoire, en empruntant la route des Crêtes pour se lier d'amitié avec.Yvonne Guin. Yvonne qui, aux côtés de son époux Léon, avait épaulé, ravitaillé les premiers maquisards, installés dans des mas abandonnés, à deux pas de sa bâtisse du Tronc, et hébergé deux familles juives. ce qui lui vaudra d'être reconnue par l'état d'Israël comme Jude parmi les nations.
Disparue à 96 ans
Prémices d'une amitié qui conduira. chaque semaine, le Nîmois vers le col de la Croix-de-Berthel, et l'incitera à écrire un livre. son quatrième, publié aujourd'hui aux éditions Lacour. Au nom de la liberté et de la fidélité.
« C'est un livre de rencontres. J'ai toujours insisté auprès de mes élèves pour qu'ils soient ouverts, toute leur vie, aux autres, confie cet amoureux des Cévennes. Aller au-devant des gens... Je ne fais pas oeuvre d'écrivain : je remercie les gens d'être ce qu'ils ont été. » Avec Yvonne Guin, Jean-Paul Cauvin a plongé dans les récits de la Seconde Guerre mon¬diale : « Elle m'a offert les mots de Roger Toreilles, alias le commandant Marcel, la lettre qu'elle avait reçue de Jérusalem... Elle m'avait demandé de témoigner de tout cela. » Cette dame « extraordinaire,pleine d'esprit, humaniste », l'instit l'amena partout. « Elle m'a fait parcourir le pays à fond. Elle n'a jamais eu de reconnaissance officielle. Elle vivait isolée, parcourant six kilomètres à pied, avec son sac à dos pour faire ses courses. Aimé Vielzeuf s'est battu pour qu'elle ait le téléphone et un sentier carrossable. »
À 96 ans, en 1996, Yvonne Guin s'éteignait. «Pour écrire le livre, je suis remonté au Tronc. Je n'ai pas reconnu le hameau : les ruines avaient été remontées pour convenir au goût des vacanciers. J'ai eu un coup au coeur. » Aux côtés de son époux, la Cévenole repose en terre, au pied de sa maison, elle qui aimait dire en évoquant le temps des maquis : « Nous avions de l'espoir en ce temps-là. »
MARIE-LAURENCE GAILLAC mlgaillac@midilibre.com
"Au nom de la liberté et de la fidélité" de Jean-Paul Cauvin, éditions Lacour, 124 pages. 15 €.

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