"Roman didactique", qu'est-ce que cela veut dire ? A la vérité, "il était une fois"; ainsi aurait pu commencer ce récit; mais ce n'est pas, (et surtout pas !), un conte pour enfants. C'est néanmoins "l'Inillo tempore" des Antiques; qui deviendra l' "En ce temps-là" de l'Evangile, mais où ce n'est pas non plus un évangéliaire. Bien que le ton n'en soit pas si loin du Nouveau Testament. (En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples"). D'ailleurs, c'est là un Testament; un Testament spirituel; où le héros de ce texte, se sentant aux Portes de la Mort, se confesse à l'auteur. Comme un Mémorial de Sainte Hélène. A ceci près qu'ici les deux personnages, l'orateur et l'orant, finalement, se confondraient volontiers; entre celui qui énonce des propos particulièrement éclairants, et son ombre au reflet gémellaire. Toute une longue vie cachée. Forme littéraire donc et ainsi que ce texte est précisément présenté comme relevant du roman, mais où le Lecteur, à qui l'auteur d'ailleurs finit par s'adresser, comprend vite que ce n'est pas du roman. Sauf au sens où l'en entendait Platon: "Le roman s'avère quelquefois la seule façon de faire passer certaines vérités tellement incroyables qu'autrement personne ne voudrait croire authentiques." Roman fantastique alors ? Certes non plus; au point de dragons ici ni d'extra-terrestres, mais peut-être pourtant une fée. Ouvrant à ce que la théologie actuelle appele "le Merveilleux". Mais sans qu'il soit question un seul moment de théologie; sinon une certaine épiphanie, forcément "magique"; cette fée justement dont on sait la baguette, qui d'une Cendrillon sait faire une Reine. Au moins une "Reine des Coeurs". Celle-là que l'auteur justement semble bien avoir fait sa Dame, porteur de son écharpe, et à laquelle il voue son combat.Un combat hors du temps et hors normes. A lire ce récit, on imagine notre héros, dont on ignore l'identité, seul, face à ce chevalier réputé invincible. Dont un seul sortira vainqueur de l'arène, qui sera le Dernier Armagh; l'épée du vaincu plantée en terre comme une Croix. De leurs deux épées s'étant frappées avec violence, ont jailli comme des foudres, d'où La colline embrasée.
Du même auteur